
1.
Как у облака на краю,
Вспоминаю я речь твою,
А тебе от речи моей
Стали ночи светлее дней.
Так отторгнутые от земли,
Высоко мы, как звезды, шли.
Ни отчаянья, ни стыда
Ни теперь, ни потом, ни тогда.
Но живого и наяву,
Слышишь ты, как тебя зову.
И ту дверь, что ты приоткрыл,
Мне захлопнуть не хватит сил.
26 ноября 1945
Comme d’une éclaircie dans un ciel gris,
Je me souviens de ce que tu as dit,
Tes nuits, à l’écoute de mes discours,
Sont devenues plus claires que des jours.
Tels des étoiles, arrachés à la terre,
Nous nous baladions là-haut dans l’éther.
Ni désespoir, ni honte, ni remords
Ni maintenant, ni demain, ni alors.
Car tu es bien vivant et bien réel,
Tu entends comme d’ici je t’appelle.
Et la porte que tu as entrebâillée,
Je n’ai pas la force de la claquer.
Anna Akhmatova
26 novembre 1945
Pieds: 10 (11 pour le 11ème vers)
(original: 8 (9 pour le 5ème et le 8ème vers)
Vers: xx / yy / zz …
Как у облака на краю, littéralement comme au bord d’un nuage: je suivais d’abord le doigt et voyais le nuage. Mais au bord d’un nuage, il y a une éclaircie… en attendant d’écrire un livre de sagesse et de développement personnel, je glisse cela au premier vers.
Les pieds des vers 7 et 8 chaussaient tellement parfaitement du 10 que j’ai voulu m’en servir comme point de référence. Au final, j’aurais plutôt dû en faire l’exception (comme Akhmatova au vers 5 et 8), et viser une pointure en-dessous (9). Pour un prochain essai…
Pourquoi un titre en italien pour ce cycle de poèmes ? Parce que Пять (Pyat) aurait sonné plat et plump (lourdaud, en allemand) ? En hommage à leurs déambulations dans la Venise du nord, le long de palais baroques conçus par Rastrelli, et passant probablement par la Rue Italyanskaïa ?
Je profite d’être à Varazze pour accompagner Cinque de dessins italiens.
