Galette des rois

D’où venaient-ils, ces Rois mages ? De l’Orient… c’est vaste.
Je ne sais plus par quels détours et méandres je me suis retrouvée dans la ville d’ Al-Qurnah, au confluent du Tigre et de l’Euphrate, après avoir ajouté sur ma liste de voyages potentiels Hilla (voir un match de basket), Al-Chibayish (faire un tour dans les marais) et l’île de Bubiyan (voir s’il y a quelque chose à voir).

Pour revenir à notre galette: je me suis inspirée de deux livres antinomiques en simplifiant la liste des courses (La pâtisserie pour diabétiques, c’est permis et Sucrissime).



Pour une demi galette (quatre bonnes parts): 1 abaisse de pâte feuilletée ronde, 1 dl de lait, 1 œuf, 30 g de xylite (sucre de bouleau), 1 cs de fécule, 100 g d’amandes moulues, 60 g de beurre fondu, 180 g de yogourt vanille, 1 cs de rhum, 3 gouttes d’h.e. de vanille, une fève de tonka, une fève pour galette des rois

Bien mélanger puis faire chauffer et épaissir le lait, l’œuf, le xylite et la fécule.
Hors du feu, ajouter le beurre fondu, le yogourt, le rhum, la vanille et râper de la fève de tonka (attention ça parfume beaucoup). Bien mélanger.
Déposer la pâte dans un moule à tarte, verser la pâte sur une moitié en laissant un peu de place sur les bords et CACHER LA FÈVE (l’enfoncer dans la farce, plutôt près du bord que du milieu, pour augmenter les chances de ne pas la déloger à la découpe).
Replier la pâte pour fermer la galette (demi-lune) et bien sceller les bords (avec une fourchette, par exemple).
Décorer en traçants des traits légers avec la pointe d’un couteau, dorer au lait ou à la crème, enfourner pour 40 minutes environ dans un four préchauffé à 180°.


En remontant les méandres de l’esprit, je retrouve ce qui m’a conduit sur les bords de l’Euphrate: la lecture du livre d’Usama Al Shahmani Im Fallen lernt die Feder fliegen et la sortie du film Le Gâteau du président d’Hasan Hadi.


un documentaire sur les marais de Mésopotamie datant d’il y a 50 ans (rien que pour le chant des grenouilles vers la minute 26)

2026


2026, année du cheval de feu: le 1 janvier, j’ai abandonné mes esquisses de cheval sautant à travers un cerceau enflammé.
Le mois de janvier a passé au galop et le 31, la moitié des cartes n’est toujours pas envoyée…

En 2026, on commémore les 100 ans de la mort de Claude Monet, à qui ce cheval à la petite tête rend hommage.

On me dit dans l’oreille(tte) gauche « il est temps de reprendre un Ibuprofène », alors mes voeux seront courts: bonheur, santé et paix, pour tous, partout et toujours (en citant une partie des vœux touchants reçus d’une amie lointaine).


en revoyant ce dessin, je ne m’explique pas comment Jean Monet a étrangement pris les traits de Suleika Jaouad


comme je ne m’expliquais pas non plus l’origine du nom Jean Rosset pour désigner le soleil (la chanson m’a tourné dans la tête et en bourrique, Jean Rosset devenant Jean Monet)

merci la bibliothèque de l’ « enclave » du bout du lac pour ces explications (et ce service public incroyable )

Daikon tout con


Un daikon qui se ramollissait au frigo
Vit avec horreur se rapprocher un couteau.
La maîtresse des lieux en quête d’un souper
S’était souvenue de ce légume oublié.

Tchic tchac, le voilà coupé en fines rondelles
Puis dans la marguerite, cette alliée fidèle
De la ménagère pour cuire à la vapeur,
Garantissant une cuisson parfaite à cœur.

Dans un bol, le mélange onctueux que voici:
Miso blond, sauce soja, vinaigre de riz.
Un oignon nouveau, sur le point d’être émincé,
Voit, philosophe, sa dernière heure arriver.

Passons pour finir au montage de ce plat:
Dresser le radis, artistiquement ou pas,
Napper copieusement de sauce les rondelles,
Puis garnir d’oignon, manger, faire la vaisselle.


La recette se fait au doigt mouillé avec en gros un demi daikon (radis blanc) coupé en tranches d’un centimètre d’épaisseur, 2 cs de miso blond, 1 cs de vinaigre de riz, 1 cs de sauce soja, un demi oignon nouveau. Servir soit en entrée, soit comme accompagnement pour deux personnes, ou avec un bol de riz pour un gros mangeur de légume.


Il existe au Japon une île nommée Daikonshima (île du daikon). Mais ne vous fiez pas au nom: elle fut aussi appelée Takoshima (île de la pieuvre) et elle est célèbre pour ses cultures de pivoines et de ginseng.
Le café du parc Yuushien propose une vue magnifique, mais mon choix s’est porté sur le café DAIKON, et son conteneur face à la mer.



(Ta)Ti(n) de betteraves

La Table de Mangeleïev, épisode 9

Tatin de betteraves -> Ti -> Titane -> élément découvert par Wiliam Gregor -> (…) -> Théophila Gwatkin et Mary O’Brien

Pour cette variation de la fameuse tarte aux pommes des sœurs Tatin, j’ai cherché la présence de soeurs, en rapport avec les éléments chimiques Ta (tantale), Ti (titane) ou N (azote).
Il a fallu tirer les fils bien loin, mais permettez-moi de vous présenter la femme du frère de la femme du découvreur du titane, qui avait une sœur (et un oncle fameux portraitiste).
Voici donc les deux soeurs Palmer Mary O’Brien et Théophila Gwatkin aux délicates joues rose betterave, d’après des portraits peints par leur oncle.


Pour un moule à tatin de 28 cm de diamètre (deux grosses portions): 240 g de farine, 20 g d’huile d’olive, 120 g d’eau, 2 cs de zaatar (facultatif), 1/4 cc de sel; 2 betteraves (crues ou cuites), 1 oignon, 2 gousses d’ail, 4 cs d’huile d’olive, 2 cs de vinaigre balsamique, 2 cs de miel, crème de raifort, aneth

Préparer la pâte en mélangeant la farine, les 20 g d’huile, l’eau, le zaatar et le sel. Former une boule et réserver au frais. Préchauffer le four à 180° chaleur tournante.

Émincer l’oignon et l’ail, verser 1 cs d’huile dans le moule à tatin, y faire revenir l’oignon et l’ail puis réserver dans un bol.

Ajouter dans le moule les 3 cs d’huile restantes, le vinaigre et le miel, faire caraméliser à feu doux, recouvrir le fond avec une betterave environ coupée en tranches de l’épaisseur d’un gros doigt. Râper le reste des betteraves, colmater les trous, puis repartir l’oignon et l’ail par dessus.

Étaler la pâte de sorte à pouvoir couvrir le moule, bien presser les bords sur les côtés à l’intérieur, puis enfourner pour 30 minutes environ.

Sortir du four, attendre 2 minutes puis poser sur le moule un plat plus large que celui-ci et retourner. Servir avec la crème de raifort et saupoudrer d’aneth.


Rendons hommage aux soeurs de Joshua Reynolds sans le soutien desquelles il n’aurait pas eu la carrière qu’on lui connaît.

Entrée-Plat-Dessert



(photo de l’originale, restée à Winterthur pour l’exposition: pas pensé à la copier entre le manque de sommeil et l’odeur de croissants du brunch)


19.10.24, 12h00 – 20.10.24, 10:31

Quel plaisir de se retrouver à l’Alte Kaserne de Winterthur pour une nouvelle édition du 24-Hour Comic, organisé par le Comic Panel Winterthur.

J’avais décidé de prendre comme fil conducteur l’horloge organique de la médecine traditionnelle chinoise. Et comme protagonistes, plus ou moins les mêmes petits bonhommes que la dernière fois.


Le tout sera scanné plus proprement une fois l’expo à Winterthur terminée.

Pâte à tartiner rimée

Un jour en rab de février,
Recette de pâte à tartiner.
Et quoi de mieux pour l’illustrer
Que ces deux neveux adorés ?

Cinquantes grammes: noisettes en purée,
Cinq grammes: cacao non-sucré,
Cinq grammes: poudre de petit-lait
(Ici au bon goût vanillé),
Dix grammes: quelque chose pour sucrer,
Miel ou Birnel, comme vous voulez.

Puis selon vos goûts ajouter
De la fleur de sel, une pincée,
Ou des zestes d’oranges frais râpés
(Choisissez des fruits non traités).

Tout mélanger et tartiner
Sur une tranche de pain doré.
Si c’est une sauce que vous voulez,
Trente grammes d’eau chaude à délayer.


Oui je triche, les syllabes en gras comptent pour un pied
Et certes, quelques sons « é » sont capillotractés:
Mais les genevois sauront vite me pardonner
De transformer le laid en ce plus joli lé.


pour quatre tartines: 50 g de purée de noisettes, 5 g de poudre de cacao non-sucré, 5 g de poudre de petit-lait (à la vanille si possible), 10 g de Birnel ou autre sucrant liquide, selon les goûts: une pincée de fleur de sel, quelques zestes d’orange bio

Mélanger tous les ingrédients, voici une pâte à tartiner. Rajouter 30 g d’eau chaude, bien mélanger, votre sauce au chocolat est prête à napper une crêpe ou un petit suisse.

Salep, ce n’est pas un vilain mot…

…c’est une boisson parfaite pour les soirs d’hiver.

Pour la faire courte, passez directement à la recette plus bas.

Pour la faire un peu plus longue, il faut remonter à fin décembre au Café du Simplon, entre Londres et Istanbul et découvrir une boisson chaude orientale: le salep. La redécouvrir une heure plus tard dans les mains de Louisa Durrell à Corfou… c’est décidé, il m’en faut aussi, et c’est finalement dans une boutique crétoise (Botano) que j’en trouve (au milieu de tisanes, épices et autres trésors).

Une fois la main mise sur la poudre de salep, il reste à trouver le bon dosage. Suivant les recettes, les proportions varient du simple au décuple, et ainsi la texture. J’ai bricolé une version qui se laisse boire tout en étant plus épaisse qu’un chocolat chaud.

Sur cette illustration (d’après une photo trouvée sur Google Earth), les tasses semblent plutôt contenir du café. Peu importe: elles se trouvent à Demirkanat, en Anatolie, région où se passe « Les Herbes sèches », le dernier film de Nuri Bilge Ceylan. Et où passe le Dogu Express.


pour deux tasses: 5 dl de lait, 1 cs de sucre (de bouleau ou autre), 1 cc de poudre de salep, 1/4 cc de cannelle, 2 cc d’eau de rose ou de fleur d’oranger

Verser le lait dans une petite casserole, y délayer tous les ingrédients sauf l’eau de fleur d’oranger ou de rose, faire chauffer jusqu’à ébullition en remuant bien et continuer jusqu’à ce que la préparation épaississe. Une fois atteinte la consistance désirée, verser dans les tasses. Ajouter l’eau de rose ou de fleur d’oranger, remuer, saupoudrer d’un voile de cannelle et servir.


On peut remplacer le salep par la même quantité de fécule.


Si j’en crois les chiffres, il y a sur cette image de Demirkanat plus de tasses que d’habitants en 2009…


Quelques bandes annonces le temps de siroter sa tasse: un, deux et trois.

V(odka Carambar)


La Table de Mangeleïev, épisode 8

Vodka Carambar -> V -> Vanadium -> élément découvert par Andrés Manuel del Río

Ça doit être un peu rageant, quand tu crois avoir découvert un nouvel élément, que ton pote Humboldt te dit que non… et que 30 ans plus tard, on s’aperçoive que tu avais raison. Pas sûr que le courant passe toujours très bien, entre Andrés et Alex !

Trêve de mauvais jeu de mot, voici la recette rituelle de Noël, la vodka Carambar.


Une fois n’est pas coutume, commençons par le processus: verser dans un bocal bien étanche et assez grand la vodka, les carambars (sans leur papier…) et le sucre. Secouer le bocal de temps à autre et laisser la nature faire son oeuvre (cela prend environ deux semaines). Une fois que tout est dissous, mettre en bouteille.

Voici les proportions, à ajuster selon la quantité voulue et/ou la taille des bouteilles: 1dl de vodka, 7 carambars, 10g de sucre roux

Les paquets usuels de Carambar (320g) en contiennent 40, on y ajoute 1,1 litre de vodka et 110g de sucre.
Ou pour faire simple: un paquet de Carambars, 1 litre de vodka, 100g de sucre !


Mettre les Carambars au frais facilitera le déballage, étape de loin la plus fastidieuse.


Recette adaptée de celle de Beau à la louche

Et parce que contrairement à l’alcool et au sucre, rire c’est bon pour la santé, voici le top 100 des blagues Carambar.