Mangarita

Cathédrale Saint-Michel, Rikitea

Pour voyager en pensées, quand les avions ne volent plus.

Le cocktail de ce printemps est à base de curcuma. C’est en cherchant des informations sur ce tubercule (souligné-ondulé) que je suis tombée sur une île dont le nom me disait quelque chose…

Mangareva ?!

Mais oui, c’est bien de là que partent les bateaux pour Pitcairn !

En somme, nous faisons le chemin à l’envers, un verre à la main.


Pour une bouteille: un petit doigt de curcuma, un majeur de gingembre, un peu de poivre, un citron (vert de préférence) et un litre d’eau

En s’aidant d’une petite cuillère, peler curcuma et gingembre. En respectant chez nos tubercules la proportion d’un pour deux (cosmogonie personnelle et arbitraire), passer au blender 6g de curcuma, 12g de gingembre, le jus du citron, 7 tours de moulin à poivre et 1000g d’eau

Servir bien frais


le terme québecois pour « blender » est « mélangeur » (une question de moins pour aujourd’hui)

un peu de culture: le Dieu Rao et le curcuma

et un conte à lire avant de faire de beaux rêves

Vilnius en 5000 pas

Arrivée à un certain âge (et à un âge certain), l’attrait des nuits passées dehors pour économiser le prix d’une chambre s’estompe. Un appartement sous les toits avec vue, piano et cheminée a bien des avantages.

Dans le film Super Size Me, le réalisateur/cobaye/héros/martyr tente de s’en tenir à la moyenne américaine et de ne pas dépasser les 5000 pas par jour: environ 3500m, donc (pour un calcul personnalisé, c’est par). Je relève le defi à Vilnius !

Une journée, trois repas et autant d’aller-retours, pour flemmards ou grisonnants:

500m

Déjeuner au Sviezios Bandeles

500m

Un peu de piano (se remettre dans le bain avec une méthode lituanienne)

500m

Dinner (ou goûter, si le déjeuner était tardif) au Skonis ir kvapas

500m

Lire au coin du feu, Vilnius. Wilno. Vilna. Three Short Stories de Kristina Sabaliauskaite

550m

Souper à l’Alaus Biblioteka (et découvrir le travail de l’illustratrice Ugne Akstinaite)

550m

Ajoutons à cela les escaliers (la vue sur la vieille ville depuis nos fenêtres se mérite) et un petit saut (au sens propre) pour trouver une géocache en chemin, le compte est bon !


Sviezios Bandeles, Traku gatve 7

Skonis ir kvapas, Traku gatve 8

Alaus Biblioteka, Traku gatve 4

 

Brèves de Bregenz

Un après-midi à Bregenz, où Peter Zumthor investit le Kunsthaus, cette fois-ci de l’intérieur. Le deuxième étage est une immense bibliothèque et je choisis au hasard un livre parmi les 40’ooo présents. Les sens probablement déréglés par d’anciennes lectures, mon choix se porte sur un dos rayé: petit échantillon de littérature érotique autrichienne paru en 1908, à ne pas mettre entre toutes les mains et surtout pas celles du petit Hans, déjà bien assez troublé comme ça. Yeux innocents passez votre chemin, en voici un avant-goût (en allemand, et tant pis pour ceux qui snobaient Hans et Lieselotte):

Das beichtende Mädchen.

Ein Mädchen beichtet dem Pfarrer und erzählt, daß es einen Liebhaber habe. Der Pfarrer sagt ihr in gütigen Worten, sie solle ihn lassen und das Mädchen antwortet, daß ohnehin kein Tag vergehe, an dem sie ihn nicht lasse. Bei dieser Äußerung wird der Herr Pfarrer, dessen keusche Ohren nicht gewöhnt sind, solches zu hören, schamrot; er wehrt mit den Händen ab und spricht verwirrt: « O, nicht so, nicht so! Abbrechen! » -« Wie? » versetzt erstaunt das Mädchen, « abbrechen soll ich ihn? Ach, Hochwürden, der ist so steif, daß ich ihn nicht einmal biegen, viel weniger brechen kann! »

Un peu d’air frais pour me remettre de tant d’émotions: Maurachgasse (je n’ose céder au pêché une deuxième fois et longe cette échoppe les yeux baisés), la jolie montée du Stadtsteig pour déboucher dans la Ville haute. Redescendre par la Meissnerstiege et rejoindre la Kirchstrasse. Un poster de Michael Jordan au mur me fait pousser la porte du café BAHI.

« Les repas étaient simples et excellents, et la salle à manger et le bar tout en boiseries étaient bien chauffés et accueillants », écrivait Hemingway qui passait ses hivers non loin de là. C’est exactement ce que je ressens attablée avec un thé et un brownie

Je passerai ensuite devant ce monument sans le voir (57cm d’inattention), trop occupée à écouter les merles pour la première fois de l’année.

 

Petits parfums de Corée

Pour y être un peu, moi aussi…

Je relis Hiver à Sokcho, d’Elisa Shua Dusapin. Je me promène dans cette ville, et jette mon dévolu et mes stylos sur une photo du Daepo Fish Market.

Je touche la Corée du bout des lèvres… Une recette de Sujeonggwa à ma façon, pour trois bols environ.


40g de gingembre frais, 25g de cannelle en bâtons, 100g de sucre, optionnel: 2 cuillères à thé de kuzu

Porter à ébullition la cannelle dans 3dl d’eau, puis laisser mijoter à petit feu pendant 50 minutes. Peler et couper en tranches fines le gingembre, porter à ébullition avec 3dl d’eau (dans une deuxième casserole), puis laisser frémir à feu doux pendant 25 minutes.

Filtrer les deux préparations, les réunir et y ajouter le sucre, puis le kuzu, préalablement délayé dans un peu d’eau froide. Amener à ébullition et faire bouillonner pendant une minute en remuant. Laisser refroidir.

Servir bien frais dans un bol, avec quelques pignons.

 

Istanbul, thé et köfte

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Istanbul, Üsküdar, quartier de Mimarsinan.

Pas très loin du Bosphore, sur la rive asiatique, se trouve une petite place avec un grand palmier. Des échoppes de tout et de rien, quelques cafés; devant une animalerie, un perroquet s’époumone dans sa cage.

Au sud-ouest de la place, un heureux hasard nous amène chez üstad köfte :  on y mange et remange des köfte servis avec de longs poivrons grillés.

Le patron moustachu va nous chercher des thés en face, chez Kemal Baba Çayevi . Un jour, nous y reviendrons et nous passerons l’après-midi installés aux tables basses à l’ombre du palmier.

 

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üstad köfte: Küplüce, Karadeniz Çarşı Sokağı No:17, 34676 Üsküdar/İstanbul, Turquie

Kemal Baba Çayevi: Mimarsinan, No:2AD, Büyük Hamam Sk., 34672 Üsküdar/İstanbul, Turquie