Akhmatova 28 – Cinque 4


4.

Знаешь сам, что я не буду славить
Нашей встречи горчайший день.
Что тебе на память оставить,
Тень мою ? На что тебе тень ?
Посвященье сожженной драмы,
От которой и пепла нет,
Или вышедший вдруг из рамы
Новогодний страшный портрет ?
Или слышимый еле-еле
Звон березовых угольков,
Или то, что мне не успели
Досказать про чужую любовь ?

6 января 1946

4.

Tu le sais, je ne vais pas rendre gloire
Au jour amer de notre rencontre.
Que pourrais-je te laisser en mémoire,
Mon ombre ? Que ferais-tu d’une ombre ?
La dédicace d’un drame brûlé,
Dont il ne reste pas une cendre,
Ou, jaillissant de son cadre doré,
L’horrible portrait de fin-décembre ?
Le chuintement des braises de bouleau
Si ténu qu’il faut tendre l’oreille,
Ou, pour lesquels le temps nous fit défaut,
Les mots de cet amour inofficiel ?

Anna Akhmatova
6 janvier 1946

Pieds: 10/9/10/9… 10/10
(original: 9/8/9/8…9/9)
Vers croisés


Je ne sais plus qui disait que « traduire, c’est perdre ». Michel ou André ? En voici l’illustration frappante: alors qu’une rime sur deux de l’original est une rime riche, je suis déjà bien contente quand j’arrive à trouver des rimes bâtardes (ontre-ombre, endre-embre, eille-iel).

Traduire, c’est aussi adapter: le portrait de Nouvel-An s’est mué en portrait de fin-décembre, officiellement pour l’atmosphère de fête qui dans notre calendrier occidental tombe en décembre… officieusement, car mieux vaut une rime bâtarde que pas de rime du tout !

J’ai retourné dans tous les sens la dernière ligne de ce poème: les traductions allemandes et anglaises ne m’ont pas éclairée d’avantage, l’IA me fait un laïus psychologisant… j’espère que cet amour inofficiel est assez vague pour laisser les portes ouvertes !

Savone – d’une colline à l’autre

Une promenade entre deux collines à travers la ville de Savone.

Colline de Priamar et sa Fortezza: au lieu de corbeaux comme à la Tour de Londres, la Forteresse de Priamar est habitée par des jeunes vêtus de noir ravis d’effrayer la quadra absorbée dans ses pinceaux.

Centre historique et Pinacoteca Civica: au lieu d’une tour rouge comme à Venise, le musée d’art de Savone abrite une Piazza d’Italia de Giorgio de Chirico.

Piazza Armando Diaz: au lieu d’un parc public comme à Frascati, c’est la place devant le théâtre (Teatro Dell’Opera Giocosa) qui est ombragée de chênes verts. Lieu parfait pour un pic-nic, avec fromagerie, charcuterie et primeur juste au coin sur la Via dei Mille. Un peu plus loin, le bar Diaz est idéal pour un café, voir pour l’apéro…

Colline de la Villetta et Convento dei Cappucini: au lieu de chercher une comparaison fumeuse, emprunter (ne pas oublier de la rendre au retour) la Via Montegrappa et la Via S. Francesco d’Assisi pour aller goûter au calme et au frais de la petite église des Capucins.


Pour un retour brutal dans les réalités du monde terrestre, une dernière trinité de choses à voir avant de reprendre le train:
– suivre la Via Pietro Paleocapa jusqu’au port pour voir les gros bâteaux de croisières et autres ferrys.
– sur la Piazza Goffredo Mameli, écouter à 18:00 les 21 coups de cloche du Monumento ai Caduti.
– admirer (de loin) l’architecture brutaliste du Tribunale di Savona.