Cu(rlututu, chapeau pointu)

La Table de Mangeleïev, épisode 3

cannelé -> moule à cannelé -> cuivre -> bouillie bordelaise – > Alexis Millardet

Et là je ne suis pas peu fière de ma chaîne de mots, parce que comme la bouillie, ces cannelés viennent de Bordeaux (et mes moules aussi) (mais les huîtres, du Bassin). L’histoire veut qu’au XVIIIème siècle les religieuses de l’église Sainte-Eulalie récupéraient auprès des vignerons de la région les jaunes d’oeuf, les blancs étant utilisés pour la filtration du vin: elles en auraient fait des petits gâteaux à distribuer aux pauvres (et non, ce n’était pas une idée de Marie-Antoinette).

Sans plus attendre, la recette la plus en vogue de notre cuisine cette année, à la page de laquelle mon livre de cuisine s’ouvre tout seul, colle et gondole.


Pour deux fournées de 12 cannelés: 60 g de beurre, 5 dl de lait, 4 oeufs (deux entiers et deux jaunes), 100 g de Tagatesse, 20 g de gluten, 50 g de farine blanche (T55), 30 g de farine de lupin, 2 cc de rhum, 14 gouttes d’h.e. de vanille

Faire fondre le beurre dans une casserole de lait chaud. Dans un saladier battre les oeufs et le Tagatesse jusqu’à ce qu’ils blanchissent. Ajouter le gluten et les farines, puis le lait tiède en mélangeant bien. Ajouter le rhum et la vanille, verser dans une bouteille d’un litre et mettre au frigo pour une heure, une nuit ou plus.

Préchauffer le four à 250°. Graisser les moules à cannelés et les remplir aux 3/4 (les cannelés vont fortement monter avant de redescendre, spectacle rigolo dans le four). Il restera environ le moitié de la pâte pour la seconde fournée. Cuire 6 min à 250°, ouvrir brièvement la porte du four et baisser le thermostat à 175°. Poursuivre la cuisson pendant encore 50 à 55 mn. Laisser refroidir avant de démouler (astuce personnelle sérendipitaire).


Recette légèrement adaptée du livre d’Annabelle Orsatelli « La pâtisserie pour diabétiques, c’est permis !« .

Vaudou culinaire

Chacune ses armes: à défaut de sortir grimoire et balai, je jette des sorts depuis ma cuisine. Voici des petites poupées vaudou dans lesquelles planter ses dents.

Allez les bleus !


Pour vingt petits Donalds: 200g d’amandes mondées, 30g de Tagatesse (ou 50g de sucre glace), 2 cs de confiture d’abricot (pour diabétiques ou pas), quelques morceaux de mangue séchée, 1/4 cc de curcuma (en poudre), 10 grains de poivre noir, deux ou trois carrés de chocolat noir

Réduire les amandes en poudre fine, ajouter le sucrant et la confiture puis mélanger jusqu’à former une boule bien agglomérée. Diviser en 4 boudins qui seront chacun coupés en 5 tranches. Former 20 petites têtes à claques. Faire fondre le chocolat au bain-marie. Découper des lanières de mangue et les plier en équerre pour former la précieuse chevelure: un peu de chocolat fondu sur le crâne pour faire tenir le tout. Délayer le curcuma dans un peu d’eau et en badigeonner la face de nos mignons sans-gênes (ou avec ?). Couper les grains de poivre en quatre pour figurer les yeux: les planter entre le coeur et le cerveau, ou si vous ne trouvez pas, plus ou moins à mi-hauteur. Tapisser une grande assiette de papier sulfurisé, former vingt flaques de chocolat fondu et planter chaque Donald au milieu de sa flaque marron. Réserver au frigo.


Peut-être devrait-elle se mettre aux fourneaux elle aussi ? On dirait que ça sent le roussi…

Sulfureux aïoli

La Table de Mangeleïev, épisode 2

aïoli -> ail -> haleine -> soufre -> « en 1777, Antoine Lavoisier proposa à la communauté scientifique de considérer que le soufre était un élément et non pas un composé » -> « il épouse Marie-Anne Pierrette Paulze (…) celle-ci se révèle une aide et une collaboratrice scientifique précieuse pour son époux » (dixit Wikipédia) -> chic, une femme dans cette série !

La recette idéale pour liquider les derniers survivants du bac à légumes.

De pêché égoïste, l’obligation du port du masque a transformé la consommation d’aïoli en expérience masochiste… Si vous ne le faites pas pour vos voisins, faites-le pour vous-même !


Pour une assiette bien remplie: env. 500g de légumes/tubercules (par exemple, une grosse patate, un demi fenouil, deux carottes et un oignon nouveau), 1 gousse d’ail, 2 cs de purée d’amande, 2 cc de moutarde, 1-2 cs d’eau (ou d’huile d’olive), sel et poivre

Dégermer la gousse d’ail et la presser dans un bol: laisser reposer 15mn à l’air libre, c’est paraît-il plus digeste… Peler les légumes si besoin, les couper en morceaux épais d’un pouce environ (Pi mal Daumen) et les cuire à la vapeur. Dans le bol où patiente l’ail, ajouter la moutarde et la purée d’amande, bien mélanger, détendre avec l’eau ou l’huile pour atteindre la consistance d’une mayonnaise, saler et poivrer à votre goût. Disposer les légumes cuits dans un assiette, répartir par-dessus le pseudo-aïoli et saler encore un peu (je confesse ici mon snobisme culinaire).


Marie-Anne était également illustratrice et fut l’élève de Jacques-Louis David, à qui elle commanda plus tard le fameux portrait des époux Lavoisier.

La biographie de Marie-Anne se lit comme un feuilleton, l’occasion de découvrir dans les rôles secondaires Samuel Dupont et Françoise Robin (le concept de muse épistolière me laisse perplexe).

Chips de Ka(le)

Un petit projet pour les longues soirées d’automne au coin de l’aquarium, pour rendre hommage d’une part aux chimistes découvreurs d’éléments comme le lutécium, et pour réunir quelques chouettes recettes basiques (et aussi pour assouvir mon goût des farces linguistiques):

La Table de Mangeleïev

chips de kale -> kalium -> nom latin du potassium -> découvert en 1807 par Sir Humphry Davy


Pour une plaque de chips: 50g de chou kale (chou plume) lavé et équeuté, 1 cs d’huile d’olive, 1/2 cs de moutarde, 2-3 pincées de sel

Sécher le chou dans un torchon puis le déchirer en gros morceaux et placer dans un saladier. Ajouter l’huile, la moutarde et le sel, et malaxer avec énergie pour que le chou soit bien enduit. Préchauffer le four à 100°. Etaler le chou sur une plaque recouverte de papier sulfurisé (ou d’un tapis de cuisson) en veillant à bien déplier les feuilles pour qu’elles cuisent uniformément. Enfourner pour 40 minutes (voir ci-dessous).


Le mot kalium est tiré de l’arabe « al-qalyah » signifiant « cendre de plantes » -> vérifiez la cuisson de vos chips !

Humphry Davy, poète dans sa jeunesse, a découvert les propriétés euphorisantes du protoxyde d’azote (« gaz hilarant » pour le commun des mortels), il est l’inventeur d’une lampe de sécurité (rapport aux coups de grisou) pour les mineurs (Lampe Davy), l’auteur d’un traité de pêche à la ligne (Salmonia) et est enterré au Cimetière des Rois à Genève.

Jeu de m(assep)ain…

On sort ses mains de ses poches (surtout, on n’y joue pas au billard… vilain !) et on roule des boules de massepain diabétiques-friendly aux saveurs orientales.


Pour une vingtaine de pralines: 200g d’amandes mondées, 75g de Tagatesse, 40g de chocolat à 100% de cacao, une vingtaine de pistaches décortiquées, 1cs d’eau de fleur d’oranger (ou d’eau de rose)

Faire griller à sec les pistaches dans une poêle, réserver. Réduire les amandes en poudre au mixer. Dans un petit saladier, mélanger la poudre d’amandes, le Tagatesse, 1 cs d’eau de fleur d’oranger et 1 cs d’eau du robinet. Une fois que la masse est amalgamée, rouler des boules de la taille d’une petite noix entre vos paumes, disposer sur une assiette et mettre au frais. Faire fondre le chocolat au bain-marie, y tremper les boules (entièrement) et les placer sur une feuille de papier-cuisson. Déposer une pistache sur le sommet de chacune, laisser refroidir puis conserver au frigo.


Illustration d’après une photo (Murgab, Tajikistan, May 10, 2007) du livre de Nick Hannes « Red Journey » (Nick est décidement un vrai fan de billard).

Nostalgie à tartiner

La fin des vacances sonne le retour des déjeuners à heure fixe.

Dans la torpeur de l’été, les villages français n’ont pas vraiment changés. Nos métabolismes oui: adieu sucres raffinés, adieu acides gras saturés !

La recette du Nut***a, le sucre (ou en tout cas une bonne partie) et l’huile de palme en moins.


Pour trois pots de confiture environ: 400g de lait condensé non-sucré, 300g de chocolat à 90% de cacao, 100g de noisettes, 12 cs de xylit, 15 gouttes d’h.e. de vanille

Torréifier les noisettes, les frotter dans un torchon pour les peler (au moins aussi satisfaisant que de faire craquer du papier bulles) puis les laisser refroidir. Faire fondre au bain-marie le chocolat dans le lait condensé (je mets les 410g de la boîte), bien mélanger puis éteindre le feu. Réduire les noisettes en poudre. Incorporer les noisettes, le xylit et la vanille, mélanger une dernière fois et remplir les bocaux. Conserver au frigo.


Illustration d’après une photo de Thibaut Cuisset, dans son très beau livre Campagnes françaises.

Enfant-chef: le Téïmramisu

A 3 ans, on bâtit des maisons (en Duplo) comme papa mais on est encore trop petit pour boire son café: voici les plans pour un Téïmramisu à quatre étages et sans caféine !


Les grands pourront tremper les biscuits dans 100g de café bien fort et arroser le premier étage avec un peu d’Amaretto.


Recette sans oeuf: bien moins de vaisselle à faire et pas de salmonelles.


Malgré ses trente-quatres ans de plus, la tante donne le mauvais exemple… mais il n’est jamais trop tard pour apprendre !

Un granola, trois noms

D’un commun accord, on a associé le granola à la Nouvelle-Ecosse… Mais quel nom lui donner ?

Du granola, c’est un truc réconfortant à manger dans un fauteuil à bascule, à la campagne: Betsy’s Granola ?

Du granola, c’est un mélange de plein de trucs, parfait pour vider les fonds de placards: Micmacs Mix ?

Du granola, c’est un truc de hipster à acheter en vrac dans un magasin bio: Granicola ?

A nom versatile, recette versatile (feel free).


Pour un grand bocal: 300g de flocons d’avoines (ou autres flocons: en ce moment c’est 150g avoine, 100g sarrasin et 50g soja), 60g de noix, 60g d’amandes, 40g de noix de coco râpée, 30g de graines de tournesol, 30g de graines de courges, 20g de sésame, 3 cs de graines de lin brisées, 1 cc de canelle; 200g de compote de pomme, 3 cs d’huile de coco, 2 cs de sirop d’agave (ou de riz, ou de miel), le jus et le zeste d’un citron

Réduire 100g de flocons en poudre, couper grossièrement amandes, noix et graines de courge, puis mélanger avec le reste des ingrédients secs dans un grand saladier. Ajouter la compote, l’huile de coco fondue, le zeste et le jus du citron puis mélanger à nouveau. Repartir sur deux plaques et mettre au four (pas besoin de préchauffer) à 150° pour environ 40 minutes, remuer tous les quarts d’heure pour que le granola dore uniformément.


Recette adaptée de celle-ci.

C’est bien beau de rêver sur google earth, mais on peut voyager local: pas besoin d’aller jusqu’à Halifax pour voir des maisons colorées.

Quand je lis le mot « vibrant », je vois SoDoSoPa (ils tapent dans le mille, once again).

Précisons que les micmacs mangent plutôt du pain (à essayer aussi).