Fresscati

Sur le même concept qu’à Vilnius, voici Frascati en 5000 pas (3500m).

Une journée farnientesque et des estomacs bien remplis, au départ de notre appartement dans le centre historique.

110 mètres

Pasticceria Purificato: des raviolis incroyables pour le déjeuner (ricotta/mûres, ricotta/griottes…)

600 mètres

Parco publico: déambulation sous les frondaisons de chênes verts, pins et oliviers, au pas lent des philosophes

400 mètres

Pizza al taglio: pizza à la coupe, ajustable aux grandes comme aux petites faims chez Setaccio

100 mètres

Piazza San Pietro: pour manger sa pizza avec vue sur la cathédrale, les marches de la fontaine sont parfaites

150 mètres (en passant par la Galleria Vittorio Emanuele)

Piazza del Mercato: café sur une terrasse, ou en cas d’averse dans la Galleria Vittorio Emanuele (où flotte une ambiance rappelant le Kars de Pamuk)

400 mètres

Parco dell’Ombrellino: pour lire ou dessiner au soleil et ruminer son dépit devant une cache introuvable

250 mètres

Retour à la maison

700 mètres

Retourner au parco publico pour y voir le coucher de soleil sur Rome et la mer

800 mètres

Vino e Cucina: discret, charmant, savoureux et très copieux, le restaurant parfait pour couronner cette journée.

120 mètres

Maison, digestion, dodo

3630 mètres, bien plus avec les tours de parc, mais la dernière part de gâteau au chocolat était vraiment énorme…


Pasticceria Purificato, Piazza Del Mercato 4

Parco publico, Viale Windsor And Mainhandear, 37, 00044 Frascati RM, Italie

Pizzeria Setaccio, Via Cesare Battisti 14

Vino e Cucina, Via Ottaviani 20

Bona/c/s/ss/ola

Après la ville et le parc d’attraction, retour aux basiques: de la farine (sous toutes ses formes) et de l’eau (fraîche).

Départ de la gare de Levanto, direction le bord de mer. On serait bien les derniers à se réjouir de la disparition d’une ligne de train, mais ici c’est un mal pour un bien: balade agréable et au frais jusqu’à Bonassola.
Passage obligé par la Forneria Bianchetto (farinata, tartes, amaretti…) et promenade digestive jusqu’à la Punta della Madonna. Et pour celle dont le coeur palpite devant tout ce bleu, petite crique à l’ouest de la plage de Bonassola.


Bonace, bonasse ou bonnasse ? À ne pas confondre, même si, chez Huysmans, la première est charnelle.


Forneria Bianchetto, Via Gino Daneri, 66, 19011 Bonassola SP, Italie

Cinque Terre pépères


Pour une journée pépère: arriver à Vernazza en train, marcher jusqu’à Corniglia. Acheter un pic-nic à l’épicerie A. Butiega, le manger loin des foules, si possible. Descendre les escaliers qui mènent à la gare, continuer vers Manarola et Riomaggiore en train (ou à pied si les sentiers sont ouverts).

Quelques impressions en forme de haiku acrostiche, pour mémoriser le nom des cinq villages qui forment les Cinque Terre:


MONTées et descentes

VERts et bleus

COhue et queues

MAlgré la beauté des lieux

RIons et fuyons


A Butiega, Via Fieschi, 142, 19018 Corniglia SP, Italie

For Dog Lovers

Feuilleton de l’été, épisode 5: Où dormir à La Digue ?


The Isle of Dogs dans l’avion pour se mettre dans le bain, une maison bleue sur une île et le meilleur ami de l’homme (après l’anti-moustique) en 35 exemplaires, Lady and The Tramp dans le vol du retour: voilà ce qui arrive quand un cochon de métal et un cochon d’eau planifient leur vacances pendant l’année du chien de terre…


The Blue House, La Passe

Vilnius en 5000 pas

Arrivée à un certain âge (et à un âge certain), l’attrait des nuits passées dehors pour économiser le prix d’une chambre s’estompe. Un appartement sous les toits avec vue, piano et cheminée a bien des avantages.

Dans le film Super Size Me, le réalisateur/cobaye/héros/martyr tente de s’en tenir à la moyenne américaine et de ne pas dépasser les 5000 pas par jour: environ 3500m, donc (pour un calcul personnalisé, c’est par). Je relève le defi à Vilnius !

Une journée, trois repas et autant d’aller-retours, pour flemmards ou grisonnants:

500m

Déjeuner au Sviezios Bandeles

500m

Un peu de piano (se remettre dans le bain avec une méthode lituanienne)

500m

Dinner (ou goûter, si le déjeuner était tardif) au Skonis ir kvapas

500m

Lire au coin du feu, Vilnius. Wilno. Vilna. Three Short Stories de Kristina Sabaliauskaite

550m

Souper à l’Alaus Biblioteka (et découvrir le travail de l’illustratrice Ugne Akstinaite)

550m

Ajoutons à cela les escaliers (la vue sur la vieille ville depuis nos fenêtres se mérite) et un petit saut (au sens propre) pour trouver une géocache en chemin, le compte est bon !


Sviezios Bandeles, Traku gatve 7

Skonis ir kvapas, Traku gatve 8

Alaus Biblioteka, Traku gatve 4

 

Brèves de Bregenz

Un après-midi à Bregenz, où Peter Zumthor investit le Kunsthaus, cette fois-ci de l’intérieur. Le deuxième étage est une immense bibliothèque et je choisis au hasard un livre parmi les 40’ooo présents. Les sens probablement déréglés par d’anciennes lectures, mon choix se porte sur un dos rayé: petit échantillon de littérature érotique autrichienne paru en 1908, à ne pas mettre entre toutes les mains et surtout pas celles du petit Hans, déjà bien assez troublé comme ça. Yeux innocents passez votre chemin, en voici un avant-goût (en allemand, et tant pis pour ceux qui snobaient Hans et Lieselotte):

Das beichtende Mädchen.

Ein Mädchen beichtet dem Pfarrer und erzählt, daß es einen Liebhaber habe. Der Pfarrer sagt ihr in gütigen Worten, sie solle ihn lassen und das Mädchen antwortet, daß ohnehin kein Tag vergehe, an dem sie ihn nicht lasse. Bei dieser Äußerung wird der Herr Pfarrer, dessen keusche Ohren nicht gewöhnt sind, solches zu hören, schamrot; er wehrt mit den Händen ab und spricht verwirrt: « O, nicht so, nicht so! Abbrechen! » -« Wie? » versetzt erstaunt das Mädchen, « abbrechen soll ich ihn? Ach, Hochwürden, der ist so steif, daß ich ihn nicht einmal biegen, viel weniger brechen kann! »

Un peu d’air frais pour me remettre de tant d’émotions: Maurachgasse (je n’ose céder au pêché une deuxième fois et longe cette échoppe les yeux baisés), la jolie montée du Stadtsteig pour déboucher dans la Ville haute. Redescendre par la Meissnerstiege et rejoindre la Kirchstrasse. Un poster de Michael Jordan au mur me fait pousser la porte du café BAHI.

« Les repas étaient simples et excellents, et la salle à manger et le bar tout en boiseries étaient bien chauffés et accueillants », écrivait Hemingway qui passait ses hivers non loin de là. C’est exactement ce que je ressens attablée avec un thé et un brownie

Je passerai ensuite devant ce monument sans le voir (57cm d’inattention), trop occupée à écouter les merles pour la première fois de l’année.

 

Wild Wide South West of Piter

Comme les tsars il y a cent ans, ressentant une irrépressible envie de nous mettre au vert, nous fuyons l’agitation de la ville: direction le sud-ouest et le quartier d’Ekaterinhof.

Comment transmettre en à peine quatre jours le goût de cette ville, ces impressions infusées (ou distillées ?! Règle d’or: jamais de vodka sans thé) lentement au cours d’une année ? C’est peut-être dans ce quartier sans prétentions touristiques que je m’en suis le mieux sortie. Voici les ingrédients d’une soupe pétersbourgeoise, où se mêlent des parfums du temps des tsars, des communistes et de ceux qui les ont remplacé…

Amasser d’abord un certain nombre d’images: un parc, une rivière, des étangs, des cygnes à qui jeter des miettes de boubliks, une scène délabrée, une rotonde romantique, un monument à la gloire de martyres oubliés. S’y promener ou à défaut d’y être, regarder ces jolies photos.

Aller ensuite manger des chachlyks fantastiques (festin plus riche que la rime) au Yekateringof (Екатерингоф); s’enthousiasmer pour un nouveau mot donc nouveau mors à découvrir (ou non: « désolé, on n’en a pas aujourd’hui. »).

Rejoindre au bout de la rue la place Stachek (площадь Стачек) et admirer l’Arc de triomphe de Narva (Нарвские Триумфальные Ворота): ahhh, l’époque délicieuse ou au lieu d’envoyer des tweets décervelés tout azimuts, on pastichait des monuments

Puis par un hasard de l’amour des noms et des chiffres, nous nous retrouvons dans le bus 66 pour l’île Kanonierski (Канонерский остров), qui sur la carte avait l’air charmante. A réserver aux amateurs de gros bâteaux, d’ouvrages urbains et d’atmosphères du bout du monde. Et pour pouvoir dire, comme des stars: « L’été passé, à la plage, à Saint Pétersbourg… ».


De jolies photos de l’île Kanonierski ici et .