La Crète à Paris

Je me baladais le long des rues, le coeur ouvert à l’Imprévu et j’ai bien failli y céder, place Flora Tristan. Une bonne raison pour revenir un jour, ça et la boulangerie à l’enseigne en lettrage Art-Décoïsant.

A l’aller, la façade blanche du Daraton m’avait intriguée par sa discrétion. Et puis, manger crétois en revenant des Thermopyles, j’avais de la suite dans les idées.

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J’entre, la salle est vide et ça sent le gas: petite hésitation.

Murs blancs, carreaux jaunes, mobilier en bois sombre, coussins rouges, comptoir bleu, nappes et serviettes blanches. Salade Crétoise et feuilleté aux courgettes, pommes de terre, herbes et fromages (Mpoureki). La patronne m’avait prévenu que ça prendrait un peu de temps, mais ça valait mille fois l’attente.

Entre les mots échangés et radio FIP, mes oreilles étaient elles-aussi à la fête. Cerise sur le gâteau, cette chanson du Roi et l’Oiseau : heureuse de la tête, du coeur et de l’estomac.

C’était un mercredi soir début décembre, je n’ai pas vu d’autre client de la soirée, mais Paris était mort à cette époque. Peut-être qu’en temps normal il vaut mieux réserver.


Le Daraton, 22 rue Edouard Jacques, 75014 Paris, +33 (0)1 40 47 69 77


Cinq raisons de revoir Le Roi et l’Oiseau

Istanbul, thé et köfte

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Istanbul, Üsküdar, quartier de Mimarsinan.

Pas très loin du Bosphore, sur la rive asiatique, se trouve une petite place avec un grand palmier. Des échoppes de tout et de rien, quelques cafés; devant une animalerie, un perroquet s’époumone dans sa cage.

Au sud-ouest de la place, un heureux hasard nous amène chez üstad köfte :  on y mange et remange des köfte servis avec de longs poivrons grillés.

Le patron moustachu va nous chercher des thés en face, chez Kemal Baba Çayevi . Un jour, nous y reviendrons et nous passerons l’après-midi installés aux tables basses à l’ombre du palmier.

 

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üstad köfte: Küplüce, Karadeniz Çarşı Sokağı No:17, 34676 Üsküdar/İstanbul, Turquie

Kemal Baba Çayevi: Mimarsinan, No:2AD, Büyük Hamam Sk., 34672 Üsküdar/İstanbul, Turquie

Courgettes soviétiques

 

Odessa's courgettes

St. Pétersbourg, 2003. Assise à la table de la cuisine, Natacha, la cinquantaine, me fait corriger ses devoirs de français. Dehors il fait déjà nuit, mais sous ces latitudes ça ne veut pas dire grand chose. Derrière le fin rideau de neige, les grands immeubles se ressemblent tous.

Elle pose devant moi une assiette de petits canapés ronds: délicieux !

Natacha vient d’Odessa. Je ne sais plus depuis combien de temps elle habite en Russie, alors pour ne pas mettre davantage d’huile sur le feu, appelons ces courgettes « soviétiques ».


courgettes – ail – mayonnaise – un peu de farine – huile 

Couper les courgettes en tranches de l’épaisseur d’un doigt, les rouler dans la farine et les dorer dans l’huile, à feu pas trop fort pour qu’elles aient le temps de devenir bien fondantes.

Disposer les rondelles sur un plat et laisser refroidir.

Emincer l’ail très fin: pour la quantité, c’est selon les goûts et les impératifs sociaux. Mélanger l’ail avec la mayonnaise et en tartiner généreusement les courgettes.

Servir froid, avec un thé noir ou de la vodka.


Edit, 14.10.16: à la lecture du livre de Wladimir et Olga Kaminer, La Cuisine totalitaire, je tombe sur cette même recette au chapitre « Russie du Sud » (courgettes à la mayonnaise) !