Dieppe’s diapers


Fin septembre, à Dieppe, un bébé d’aluminium était conçu à grands coups de collage-rivetage. 669 km plus à l’est, je faisais en guise de babyshower cuire des artichauts à la vapeur.

À défaut de pouvoir faire le pied de grue devant la maternité, je faisais les cent pas dans le quartier du port. Je restais prise Quai du Carénage dans les filets gras et houblonnés de Chez Polette puis captivée par une photo de La Cravache d’Or: Atmosphère à mi-chemin entre Delicatessen (nous voilà justement à la rue Tête de Boeuf) et La Cité des enfants perdus. Souhaitons à notre petite Alpine des rêves moins angoissants.

L’eau de cuisson des artichauts s’est révélée d’un vert profond, parfait pour peindre ce ciel dieppois !
Il ne manque plus qu’un peu de bleu.


…l’essentiel est invisible pour les yeux

Feuilleton de l’été, épisode 5: En bonne compagnie

Difficile de représenter notre Joyeuse compagnie sans offenser personne…

Est-ce dû à un trop plein de Jérôme Bosch dans l’enfance ? Ou serait-il temps de reprendre quelques cours ?

Sylvia, Anita ou Dora ont-elles grincé des dents ?

« Tout portrait qu’on peint avec âme est un portrait non du modèle, mais de l’artiste », écrit Oscar Wilde dans Le Portrait de Dorian Gray: serait-ce une double psychothérapie qui se joue sous l’oeil narquois de ce chien ?

En parlant de chiens: un autre petit portrait entre amis.

Oui, ça peut toujours être pire. Ce n’est pas la pauvre Margarete qui dira le contraire. Quentin Metsys avait néanmoins beaucoup d’amis.


Bonus de fin de vacances:

Savoirs en cascade offerts gracieusement par M. Bosch: L’Escamoteur (où l’on apprend que l’escamoteur n’est pas le personnage de gauche mais celui de droite), La Lithotomie (méfiez-vous des tailleurs de pierre), et The Madman’s Honey, la bande son délicieusement rétro de ce soir.

Chasse au trésor offerte gracieusement par M. Metsys: retrouver sa fameuse femme laide dans la bande annonce d’Asterix: Le Secret de la potion magique, et dans Le Bal des vampires (bande son encore plus rétro), l’occasion de revoir le film en entier.

De Lasalle à Lardons

Feuilleton de l’été, épisode 4: Que faire à Lasalle et environs ?

Quatre bourgades, quatre ambiances.

Lasalle, une rue toute en longueur, une boulangerie à chaque bout. Le soleil tape, les cigales cymbalisent, le duel entre Le Gourmet et Les Douceurs d’Emy s’annonce serré (une chouquette pourrait faire pencher la balance).
Une visite au Café de la Place (et à ses toilettes atypiques) et nous regagnons nos collines.

Soudorgues, climat définitivement non-violent à Terre de Mauripe: sirops divers et Vieille Gisèle (au cas où nous l’aurions ratée au marché de Lasalle). Ambiance décontractée à La Balade Gourmande, suivie d’une promenade au clair de lune.


Uzès, plus que charmante, la Librairie de la Place aux Herbes est de bon conseil, d’ailleurs en parlant de livres, il faudra revenir.

Saint-Hippolyte-du-Fort, ville déserte, la faute à la tradition du 14 juillet ?!


Le Gourmet, 47 rue de La Croix, 30460 Lasalle

Les Douceurs d’Emy, Grand rue, 30460 Lasalle

Café de la Place, 88 Rue de la Place, 30460 Lasalle

Terre de Mauripe, la Place, 30460 Soudorgues

La Balade Gourmande, Le Village, 30460 Soudorgues

Librairie de la Place aux Herbes, 7 Pl. aux Herbes, 30700 Uzès

Drink, Read, Rove

Feuilleton de l’été, épisode 2: Que faire à Joyeuse et environs ?

Une petite liste d’endroits charmants en Ardèche… à compléter par beau temps (manquent les baignades).

Boire: un café avec de la glace aux marrons et de la chantilly aux thés du square à Joyeuse, du sirop de foin au café de la sardine à Naves

Acheter: des livres à la librairie Chant Libre de Montélimar ou à La Belle Hoursette à Les Vans

Voir: un éléphant, un crocodile ou un serpent parmi le bestiaire du bois de Païolive, des tétines et des panneaux déplacés (ici participe passé et non adjectif) sur les hauteurs de Vernon.


Les thés du square, 54 Square François André, 07260 Joyeuse

Café de la Sardine, NAVES VILLAGE, 07140 Les Vans

Chant Libre, 22 Pl. des Clercs, 26200 Montélimar

La Belle Hoursette, 2 Rue Droite, 07140 Les Vans

Foie gwaaaaa


En enquêtant sur les origines du foie gras, j’ai appris de drôles de choses.
Dans la Rome antique, les oies étaient gavées avec des boulettes de figues séchées, et c’est là qu’il faut chercher l’étymologie du mot « foie »: du latin « ficus » (la figue).
Que le nom d’un organe découle de l’une de ses formes pathologiques, voilà qui n’augure (que dirait le foie de Plaisance ?) rien de bon !

Plutôt que de dessiner un organe mal en point, j’ai préféré m’intéresser aux figues, et là aussi il y avait de quoi lire: c’est au moyen de figues fraîches que Caton l’ancien aurait convaincu ses concitoyens d’aller détruire Carthage ( même si la figue est un faux fruit, au moins figue il y avait).

La Figue de Solliès m’a servi de prétexte pour aller fureter du côté du sud et utiliser mon turquoise acheté jadis à Nice. Cette vue du Coudon m’a rappelé au bon souvenir du Pic des Mouches

… une recette de foie gras donc, mais point de figue de barbarie ici. Et d’ailleurs si une spécialité carnée emprunte le nom d’un fruit, je ne vais pas me gêner pour adopter sa version végane (et économique) !

Petite adaptation du nom tout de même, depuis qu’un allemand zêlé l’a prononcé ainsi.


Pour deux gros bocaux: 150 g de noix de cajou, 25 g de bolets séchés, 80 g d’huile de coco désodorisée, 20 g de beurre de cacao, 50 g de miso blond, 20 g de levure noble, 2 cs de cognac, 1 cc d’agar-agar, 1/2 cc de concentré de tomates, 1/2 cc de vinaigre de cidre, 1/2 cc de sel, 1/2 cc de poivre (5 baies), 1/2 cc de coriandre (en poudre), 1/2 cc de mélange 4 épices (donc 1/8 cc de cannelle, gingembre, girofle et muscade)

Mettre les noix de cajou à tremper durant 4 heures. Infuser les champignons dans 250 ml d’eau bouillante.

Dans une petite casserole, faire fondre l’huile de coco et le beurre de cacao.
Dans un blender, verser les noix de cajou égouttées, l’eau de trempage des champignons (utiliser ces derniers pour une autre recette: sautés avec des pommes de terre, par exemple), l’huile de coco et le beurre de cacao fondus, ainsi que le reste des ingrédients. Bien mixer puis verser dans la casserole. Tout en remuant bien, porter à ébullition, laisser buller pendant une minute et verser dans les bocaux. Les perfectionnistes et/ou les esthètes ajouteront une fine couche d’huile de coco fondue avec quelques grains de curcuma. Laisser refroidir et mettre au frais. Laisser figer idéalement 24 heures.

Étaler sur du pain et saupoudrer de fleur de sel (et pour boucler la boucle, des figues fraîches ou en confit).


Recette légèrement adaptée de celle de La petite Okara (qui explique bien mieux la marche à suivre). Merci à elle !

Nostalgie à tartiner

La fin des vacances sonne le retour des déjeuners à heure fixe.

Dans la torpeur de l’été, les villages français n’ont pas vraiment changés. Nos métabolismes oui: adieu sucres raffinés, adieu acides gras saturés !

La recette du Nut***a, le sucre (ou en tout cas une bonne partie) et l’huile de palme en moins.


Pour trois pots de confiture environ: 400g de lait condensé non-sucré, 300g de chocolat à 90% de cacao, 100g de noisettes, 12 cs de xylit, 15 gouttes d’h.e. de vanille

Torréifier les noisettes, les frotter dans un torchon pour les peler (au moins aussi satisfaisant que de faire craquer du papier bulles) puis les laisser refroidir. Faire fondre au bain-marie le chocolat dans le lait condensé (je mets les 410g de la boîte), bien mélanger puis éteindre le feu. Réduire les noisettes en poudre. Incorporer les noisettes, le xylit et la vanille, mélanger une dernière fois et remplir les bocaux. Conserver au frigo.


Illustration d’après une photo de Thibaut Cuisset, dans son très beau livre Campagnes françaises.