Treppen der Stadt, épisode 14: Röteliweg

Röteliweg

215 marches entre Kreuzackerstrasse et Schorenstrasse (un des rares escaliers qui ne se contente pas d’arriver au sommet, mais englobe les deux versants de la colline)

à voir: un lointain cousin du Monolithe d’Expo 02 (pas sûre de son pedigree…) à la hauteur de la Dufourstrasse.

à faire: tester et comparer les places de jeu sur les deux versants de la colline.
Côté ville (Furglerstrasse, à gauche en montant): balançoires puis structure de jeu avec toboggan (il y a également des bancs un peu plus loin).
Côté campagne (Schorenstrasse, 60 mètres sur la droite au bas de la descente): terrain de foot, place de jeu spacieuse et même une petite piscine (ou devrais-je dire bain populaire).

à faire bis: aller manger le midi au restaurant Stadtblick ou y boire un verre en terrasse avant 16h pour profiter de la vue.

à faire ter: boire un verre à la Militärkantine, et y dessiner un mercredi soir sur deux


Pour ceux qui voudraient voir un authentique morceau du Monolithe de Jean Nouvel en Suisse orientale, il faut se rendre à la Cabane dans le parc du Schloss Wartegg.

Pour les amateurs de dissertations sociologiques, urbanistiques et architecturales: rédigez un essai (30’000 signes) sur les différences entre les habitations de la Furglerstrasse (propriété de la caisse de pension St.Galloise, aux airs de logements de fonction pour cadres du TAF) et celles de la coopérative d’habitation de Schoren (Eisenbahner Baugenossenschaft St. Gallen: à la base, coopérative d’habitation des cheminots et employés du chemin de fer).

En parlant de TAF, je suis ravie de savoir notre pays capable de prendre de grandes décisions: sauvons les trous dans le fromage !

Treppen der Stadt, épisode 13: Telltreppe

Telltreppe

370 marches entre Tellstrasse et Höhenweg

à voir: à la hauteur de la Dufourstrasse, à droite en montant, se trouve le Huberpärkli. Outre le buste du compositeur Paul Huber, il y a un petit monument à Ferdinand Huber, compositeur lui aussi mais apparemment sans lien de parenté. Au printemps, les magnolias y sont en fleur. Et en tout temps, la vue sur la vieille ville se dessine entre les maisons.

à faire: une fois atteint le sommet des escaliers, prendre sur la droite et se détendre sur la grande prairie ou sous l’arbre majestueux de la Kinderfestwiese.


Un peu de musique de Paul Huber, et comme il fut l’élève de Nadia Boulanger, un peu de musique de sa sœur, Lili Boulanger: pour célébrer les vieux jardins, les vieilles prières, les soirs tristes et les matins de printemps.

Et pour ne pas faire de jaloux, le hit de Ferdinand Huber: Lueget, vo Berg und Tal

Souvenirs croisés d’un orchestre à croix blanche

Des 13 mètres carrés d’une chambre d’hôtel aux 254’170 mètres cubes de la Basilique Saint-Paul-hors-les-Murs


Des pains paratha de l’Indian Summer de Bâle aux pins de Rome

D’une coupe de glace kaki et pistache de Gelato -9 à Lugano à la coupole de Saint-Pierre (vue depuis la via Nicolò Piccolomini)

D’un concert en habits blancs et gris au ciel noir de la Place Saint-Pierre


Restaurant Indian Summer, Bachlettenstrasse 19, Basel

Gelateria -9, Via al Forte 4, Lugano

Gelateria Veneta, Via al Chioso 30, Lugano (si elle n’est pas fermée)

Canada: transports

En bus


Je regarde dehors par la fenêtre

J’appuie des deux mains et du front sur la vitre
Ainsi, je touche le paysage,
Je touche ce que je vois,
Ce que je vois donne l’équilibre
À tout mon être qui s’y appuie.
Je suis énorme contre ce dehors
Opposé à la poussée de tout mon corps ;
Ma main, elle seule, cache trois maisons.
Je suis énorme, Énorme…
Monstrueusement énorme,
Tout mon être appuyé au dehors solidarisé.

Jean Aubert Loranger

En traversier

En train (et en retard)

Canada: maisons


Qui est cet homme ?

J’écris l’étroite maison rouge où passent des coulicous. Un homme avec une femme avec un enfant s’avancent dans un matin chargé d’impatientes. C’est un éveil à saveur de batture ; la largeur du ciel débonde la tête matinale. Il y a aussi le ventre du canot, son glissement de baume, la voie qu’il imprime dans le cœur. En contre-haut légèrement, la vie furtive du moqueur et son dernier tonnerre quand le renverse cet éclair épervier. Je ne parle pas. J’écris la saveur des premiers répertoires et dans le même souffle la plus dure flèche du carquois. J’écris ce qui chantait, ce qu’on attend au bord des fleuves, j’écris le claquement des canifs, l’escadrille qui fauche, j’écris un petit torse d’avenir, une poitrine consumée.

Pierre Morency


Y écouter des vinyles, aller au cinéma


Y croiser dans le jardin des biches et un lapin, ramasser des graines de lupin

Y regarder le soir tomber sur la ville, sortir manger dans le quartier…


Astor Theatre, 219 Main St, Liverpool (NS)

Doraku, 44 Ochterloney St, Dartmouth

Morley’s Coffee / Taz Records / Friction Books, 45 Portland St, Dartmouth


Pour planter le lupin, marche à suivre version canadienne ou française (grand-mère n’est pas rancunière…)

Canada: Nova Scotia – South

« Premier sentiment océanique

Je connais tout du Mouvement
sans savoir que je suis si vivante

Que je suis le premier fragment de la danse l’aile encore pliée sur mes branches à respirer. La première flamme. La première musique. Je sais seulement le trajet des sons pour la rencontre des rythmes et l’avancée des siècles. Et pour tout ce déploiement d’air dans la poitrine.

Nouvelle ère sans soupçon mais d’extrême connivence et de couleurs insoupçonnées. Soulèvement d’oxygène qui défie la mort. Premier sentiment océanique.
 »

Louky Bersianik


Marcher sur la plage jusqu’à l’extrême sud de la Nouvelle-Écosse,
Débusquer des phoques aux jumelles,
Sauter dans les rouleaux et manger des Lobster Rolls.


West Head Takeout, 81 Boundry St, Clark’s Harbour

Dan’s Ice Cream Shoppe, 3724 Nova Scotia Trunk 3, Barrington Passage

Canada: Nova Scotia – North

« Pris et protégé

Pris et protégé et condamné par la mer
Je flotte au creux des houles
Les colonnes du ciel pressent mes épaules
Mes yeux fermés refusent l’archange bleu
Les poids des profondeurs frissonnent sous moi
Je suis seul et nu
Je suis seul et sel
Je flotte à la dérive sur la mer
J’entends l’aspiration géante des dieux noyés
J’écoute les derniers silences
Au-delà des horizons morts
 »

Alain Grandbois

De l’île du Cap-Breton au Cap Split, le vent et les moustiques nous incitent à la pochade.
On s’empiffre de crustacés (coquilles St. Jacques, homards) et de tarte au prune à croûte double.
Les lupins de Pleasant Bay ont déjà fleuri, mais les roches et les marées de la baie de Fundy sont toujours là.


Petite promenade au lac de la mine de gypse près de Chéticamp (prendre les maillots): Gypsum Mine Trail
Grande promenade pour aller au Cap Split: Cape Split Hike